La vente du Chagall du MBAC ; on dissimule la vérité [french]

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Il est étonnant de constater que la vive réprobation dans les médias sur cette transaction nébuleuse du Musée des beaux-arts (MBAC) n’amène pas devant la presse, les caméras ou les micros les individus qui les premiers sont responsables de l’amorce de cet esclandre. Des précisions par la ministre de la culture Mme Mélanie Joly et par le directeur du MBAC M. Marc Mayer sont requises pour expliquer et justifier l’agencement en secret de se dessaisir d’une œuvre d’art de premier plan de notre patrimoine culturel national.

La motivation officielle qui autoriserait cette vente est de permettre l’acquisition du Saint Jérôme de Jacques-Louis David, toile que l’on déclare en péril imminant d’être vendu à l’étranger. Or il n’en est rien, car cette œuvre appartient à la Fabrique Notre-Dame-de-Québec qui a sans équivoque exprimé son intention qu’elle demeure au Québec. La Fabrique a aussi assuré sa protection par une entente avec deux grands musées du Québec, le Musée de la civilisation à Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal. Posons-nous alors la question; est-ce vraiment l’œuvre secrète dont il s’agit ou cette déclaration est-elle une dérobade astucieuse pour cacher autre chose ?

Un deuxième argument voulant justifier la vente, est de fournir d’urgence les fonds nécessaires pour assurer la pérennité de l’église Notre-Dame-des victoires et de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Or ces deux monuments patrimoniaux sont sous la férule du Gouvernement du Québec qui affiche actuellement avec autorité ses surplus budgétaires alors que le gouvernement fédéral lui est en déficit important ?

Aucune personne en autorité n’a expliqué comment les permis d’exportation d’une œuvre d’art majeure appartenant aux canadiens, a pu si facilement et si discrètement être obtenu ? De même il serait intéressant d’entendre les explications qui justifieraient les difficultés de communications entre les dirigeants de nos grands musées du Québec, et la direction du MBAC ?

Il est toujours possible d’arrêter la vente du Chagall. Cette annulation comporte des coûts comme le remboursement des frais de déplacement engagés et d’un pourcentage de la commission du vendeur. Mais le paiement des ces montants sont minimes comparé à la perte occasionnée par la vente inacceptable d’une œuvre d’art que nous ne pourrons jamais remplacer. Que ceux qui ont participé à ces tractations douteuses s’expliquent et assument leur responsabilité.

Serge G. Morin, B. Ing, Dpl Admin, MBA. MA.
Docteur Paris-Sorbonne

Ingénieur et administrateur retraité, Historien d’art.
Membre de AICA.

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