Édouard Lachapelle’s reaction to the sale of a Marc Chagall for the NGC [french]

Lettre d’Édouard Lachapelle, membre d’AICA-Canada en réaction à l’annonce de la vente d’une oeuvre de Marc Chagall par le Musée des beaux-arts du Canada

Historien de l’art de formation, il y a plus de quarante ans que j’œuvre à divers titres dans le milieu des arts visuels à Montréal. Par mes activités professionnelles, je me suis fait de nombreuses relations chez des propriétaires de Galerie, des encadreurs, des photographes d’art, des artistes, des gestionnaires dans le domaine culturel. J’ai été le commissaire de nombreuses expositions qui ont su proposer le travail d’artistes accomplis, de novices de la relève, à la curiosité d’un public parfois élargi bien au-delà des frontières de ce que certains disent être un « ghetto artistico-artistique ».

Depuis mars 2005, je suis membre de la section canadienne de l’Association internationale des critiques d’art, une association qui, hélas , est bien mal connue dans notre collectivité. L’ AICA est une ONG créée en 1950 sous le patronage de l’UNESCO dans le but de renforcer mondialement la libre expression de la critique d’art et d’en assurer la diversité.

Son bureau, situé à Paris, représente et promeut les activités de près de 4 200 membres répartis dans les 62 sections que compte l’association dans le monde entier. Son fonctionnement est entièrement financé par les cotisations et le généreux bénévolat de ses membres, membres honoraires et bienfaiteurs.

 

C’est après avoir vérifié l’assentiment de diverses personnes de ce milieu où j’ai trouvé mon accomplissement à travers des implications citoyennes comme les quelques vingt ans où j’ai été le collaborateur de Lorraine Palardy à la Fondation pour l’art thérapeutique et l’art brut du Québec , mieux connue sous le nom « Les Impatients»… c’est après avoir vérifié cet assentiment que je m’élève avec tant d’autres, contre le projet de vente du tableau« La Tour Eiffel» de Marc Chagall par le Musée des beaux-arts du Canada. Tous ceux à qui j’ai eu l’occasion d’en parler sont tous tout simplement scandalisés! Je m’autorise à me faire le porte-parole de cette plurielle indignation.

La belle affaire: « On n’a jamais trop de Chagall dans un musée.»( M.Meyer) Alors pendant que ne semblent pas à discuter les bien mystérieuses justifications de Marc Meyer, ce projet ouvre la porte à la possibilité d’aliéner, mine de rien, des éléments de notre patrimoine avec, à chaque fois, d’occultes raisons dont celle, indiscutable paraît-il, d’enrichir la collection du musée…à tout prix, au risque même de l’appauvrir ! Quelles seront dans quelque temps, peut-être pas si lointain, les nouvelles et tout aussi secrètes raisons d’accepter que le MBAC se défasse d’une autre oeuvre (importante ou pas!) de sa collection? Voyons-y d’un peu plus près. Ne s’agit-il pas de NOTRE patrimoine, peut-être finira-t-on par hélas découvrir que cette histoire du Chagall est entachée de bêtise, de cupidité (voir prix d’acquisition) et d’inculture.

Articles et liens sur ce sujet :

National Gallery Chagall sale: Why weren’t Canadians consulted? The Globe and Mail, ALEXANDER HERMAN, 13 avril, 2018.

National Gallery’s sale of Marc Chagall work linked to tug of war over Jacques-Louis David painting, Globe and Mail, , 13 avril, 2018.

La vente d’un Chagall pour un David fait réagir dans le milieu muséal, 

Un Chagall contre un David et deux églises, Le devoir, Catherine Lalonde, 12 avril.

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